Mon vieux complice Didier, qui a fait le déplacement depuis Marseille à Sorigny spécialement pour être présent lors de notre inauguration, a écrit un excellent texte dans les commentaires de l'article "La cerise sur le gâteau".

Je m'autorise à publier ce texte car il serait dommage qu'il passe inaperçu tant il est de qualité !  

"En montant à Sorigny, j'ai eu le temps de penser. Pour moi, Marseillais, la fameuse phrase de Chirac " c'est beau mais c'est loin " prend tout son sens, surtout quand je me rends en voiture chez mon ami !

            J'ai donc passé une bonne partie du trajet à chercher, dans mon stock important de souvenirs, ce qui avait bien pu pousser mon vieux copain (bientôt quarante ans !) à se lancer dans une telle aventure.

            Certes il lui arrive, quasiment comme à un vrai italien, d'agiter ses mains, voire ses bras, quand il est emporté par le besoin pressant de convaincre un auditeur ou un auditoire. D'ici à dire que ses propres moulinets lui ont donné cette idée hallucinante de monter une telle Éolienne, il y a un pas que je ne franchirai pas.

            Certes, il lui est arrivé, comme à tout bon assureur, de brasser de l'air et de vendre du vent. Mais, de mémoire, faisant moi aussi parti du sérail, je n'ai jamais connu un assureur que les turpitudes du métier ont incité à ériger un tel engin.

            Je suis également allé chercher dans des terrains plus ardus. En tant que frère de psychiatre, adepte de Freud, j'ai pensé au côté phallique d'un tel monument. Piste intéressante....mais, là aussi, ma réflexion a fait long feu.

            Je me suis alors demandé si sa propension à raconter souvent les mêmes histoires avait un rapport avec le mouvement rotatif des pales de l'éolienne. J'ai donc appelé mon frangin psy qui m'a dit d'abandonner immédiatement cette piste car son exploitation me couvrirait plus sûrement de ridicule que de gloire.

            Ne voulant négliger aucune piste, j'ai essayé de voir si, avec les mots éolienne, Bollée et Sorigny on pouvait fabriquer une contrepèterie digne de ce nom, tant mon ami est adepte de l'art du contrepet. Là aussi, je me suis retrouvé dans une impasse car je ne peux imaginer que le plaisir qu'il aurait eu à répéter très souvent à ses amis de l'association, " n'oubliez pas de brancher cette grosse colonne " lui aurait suffit à se lancer dans une telle aventure. Quoique !

            Enfin, ma réflexion n'aurait pas été complète si je n'étais pas allé faire un tour du côté de Frédéric Dard, grande passion de Michel. Malheureusement, ma connaissance insuffisante de cet auteur (et ce malgré des efforts prosélytes quasi quotidiens de mon ami) ne m'a pas permis d'aller très loin dans cette voie. Un San Antonio aurait eu pour titre " Montre moi ton éolienne, je te montrerai Montmartre ", je tenais mon explication, mais même pas. J'en étais là (et las) de mes réflexions quand je suis arrivé à Sorigny.

            Et j'ai compris immédiatement quand, samedi matin, je suis arrivé sur site et que j'ai rencontré les bénévoles de l'association. Mon vieux copain a du vibrer autant (voire plus) pour l'aventure humaine que pour la prouesse technique. J'ai été impressionné par l'engagement de toutes ces personnes. J'ai été scotché, en dehors des évidentes prouesses techniques réalisées, par leur talent d'organisation, par la gentillesse de leur accueil et par leurs sourires francs et sincères. Et, si j'ai aimé l'accueil lors de l'inauguration, j'ai adoré le dîner.

            Alors j'ai compris ce qui avait animé mon ami. Mener à bon terme un tel projet avec une telle équipe doit, en effet, être très valorisant. Oserai-je dire qu'il m'est arrivé de l'envier ?

          Alors bonne route à tous, restez comme vous êtes et continuez vos projets fous. Je viendrai vous saluer chaque année !
"

En voilà un joli texte Didier ! Tu peux en écrire quand tu veux de cette qualité, tu seras publié !

2 commentaires cependant : D'abord, quand tu parles de 40 ans, c'est bien la durée depuis laquelle nous nous connaissons (...pas notre âge, malheureusement...). Comme tu le dis souvent, "il y a plus longtemps qu'on se connait qu'on se connait pas "... Ensuite, concernant la grosse colonne, pourquoi voudrais-tu qu'on la branche puisqu'elle pompe d'elle même...sans électricité, suffit qu'il y ait un peu de vent et tu sais pourquoi !   

Reviens aussi souvent que tu le pourras. Avec ce que tu as écris, toute l'équipe reconnaissante t'accueillera à bras ouverts ! 

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